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La création du monde dans la mythologie chinoise, le mythe de Pangu.
La genèse du monde selon la mythologie chinoise : Pangu, le géant qui sépara le ciel et la terre.
Avant le ciel, avant la terre, avant même la lumière, le monde n’avait pas encore de forme.
Dans la mythologie chinoise, tout commence dans le chaos, un chaos dense et silencieux, où le yin et le yang sont mêlés, enfermés dans un œuf.
Rien ne bouge encore. Rien ne respire vraiment.

Puis, un jour, ou peut-être après des milliers d’années Pangu s’éveille.
Géant primordial, être fondateur, Pangu naît au cœur de cet œuf du monde. Par son souffle, par sa force, par ses gestes répétés, il sépare peu à peu le ciel de la terre. Ce qui est clair s’élève, ce qui est lourd s’ancre. Le monde prend forme dans une lente chorégraphie cosmique, rythmée par l’équilibre fragile du yin et du yang.
Ce mythe de création, l’un des plus anciens de la mythologie chinoise, raconte une genèse sans faute ni punition, où le monde naît du mouvement, du temps et du sacrifice. Un récit profondément visuel, presque silencieux, qui se prête naturellement au théâtre d’ombres, là où les formes, les corps et la lumière racontent l’origine du monde autrement.
Le chaos originel, l’œuf du monde
Au commencement, il n’y avait ni ciel, ni terre, ni soleil, ni lune.
Le monde n’était pas vide, mais indifférencié. Tout était mélangé, sans forme précise, plongé dans ce que la mythologie chinoise appelle le chaos originel, ou Hun Dun.

Ce chaos est souvent représenté comme un œuf gigantesque. À l’intérieur, toutes les forces de l’univers sont réunies, mais aucune n’est encore séparée. Le yin et le yang y cohabitent, entremêlés, impossibles à distinguer. Le clair et l’obscur, le léger et le lourd, le mouvement et l’immobilité existent déjà, mais sans ordre ni direction.
Rien ne naît encore, car rien n’est séparé.
Le temps lui-même semble suspendu.
Dans cet œuf, le monde attend. Il contient en lui les montagnes, les rivières, le ciel et la terre, mais sous une forme invisible, comprimée, silencieuse. Ce n’est pas un chaos destructeur, mais un chaos plein de promesses, une matrice où tout est possible.
C’est dans cet espace fermé, dense et obscur, que Pangu va apparaître. Son éveil marquera le premier mouvement du monde, le passage du chaos à l’ordre, de l’invisible au visible.
La naissance de Pangu
À l’intérieur de l’œuf du monde, quelque chose vit.
Dans l’obscurité du chaos, Pangu dort.
On raconte qu’il dort très longtemps, des milliers d’années. Autour de lui, tout est immobile. Le yin et le yang sont toujours mêlés, sans séparation. Il n’y a ni haut, ni bas, ni jour, ni nuit.
Puis vient l’éveil.
Pangu ouvre les yeux. Il respire. À cet instant, le chaos commence à changer. Son souffle met le monde en mouvement. Là où il se tient, l’œuf du monde devient trop étroit. Pangu grandit, lentement, dans l’espace clos.
En se levant, il provoque la première rupture.
Ce qui est léger et clair commence à monter.
Ce qui est lourd et sombre commence à descendre.
Pangu comprend alors sa tâche : séparer le ciel et la terre.
Par sa seule présence, par sa force, il devient le lien entre les deux. Il se tient debout, les pieds ancrés, la tête levée, maintenant l’équilibre du monde naissant.
À partir de ce moment, le monde ne sera plus jamais immobile.
La séparation du ciel et de la terre
À partir de cet instant, le monde n’est plus immobile.
Pangu se tient debout à l’intérieur de l’œuf brisé. Autour de lui, les forces du chaos commencent à se séparer. Ce qui est clair, léger et chaud s’élève lentement au-dessus de sa tête. Ce qui est sombre, lourd et froid descend sous ses pieds.
Le ciel et la terre viennent de naître, mais ils sont encore trop proches.
S’ils se touchent, tout peut s’effondrer à nouveau.
Alors Pangu grandit.
Chaque jour, il s’élève un peu plus, maintenant le ciel à distance de la terre. Plus il grandit, plus l’espace entre les deux s’agrandit. On raconte que ce travail dure des milliers d’années. Jour après jour, sans relâche, Pangu tient le monde ouvert.
Le ciel devient vaste et léger.
La terre devient stable et profonde.
Entre les deux, l’espace apparaît. L’air circule. Le monde peut enfin respirer.
Lorsque le ciel et la terre sont suffisamment séparés pour ne plus jamais se rejoindre, l’équilibre est trouvé. Le monde a désormais une structure : un haut, un bas, un centre. Grâce à Pangu, l’univers peut continuer à se déployer.
Le corps de Pangu devient le monde
Lorsque le ciel et la terre sont enfin séparés, le travail de Pangu est accompli.
Après des milliers d’années à tenir le monde ouvert, sa force s’épuise. Pangu s’allonge et s’endort une dernière fois.
Mais sa fin n’est pas une disparition.
Dans la mythologie chinoise, le corps de Pangu se transforme pour donner naissance au monde. Rien n’est perdu. Tout devient matière vivante.
Son souffle devient le vent et les nuages.
Sa voix devient le tonnerre.
Ses yeux deviennent le soleil et la lune.
Son sang se change en rivières et en mers.
Ses os forment les montagnes.
Ses poils deviennent les forêts et les herbes.
Même son corps immobile continue de créer.
La terre, le ciel, les paysages et les éléments portent désormais une part de lui.
Le monde n’est pas séparé de Pangu : il est fait de Pangu.
La nature devient alors un corps immense, vivant, où chaque élément est relié aux autres.
Ainsi se termine la genèse du monde. Le géant a disparu, mais sa présence demeure partout, dans la lumière, dans la pierre, dans l’air que nous respirons.
Une genèse sans jugement
Dans le mythe de Pangu, la création du monde ne naît ni d’une faute, ni d’une punition.
Il n’y a pas de colère divine, pas de jugement, pas de monde à réparer.
Le monde apparaît par le mouvement et l’équilibre.
Pangu ne crée pas pour dominer. Il ne crée pas pour juger. Il agit parce que le monde en a besoin. Son geste est simple : séparer, maintenir, laisser de l’espace. Grâce à lui, chaque chose trouve sa place, naturellement.
La naissance du monde ne se fait pas en un instant. Elle demande du temps, de la patience, de la répétition. Le ciel s’élève lentement. La terre s’ancre peu à peu. Rien n’est brusqué.
Dans cette genèse, la nature n’est pas opposée à l’humain. Elle n’est pas non plus punie ou corrompue. Elle est vivante, équilibrée, faite des mêmes éléments que le géant fondateur.
Ce récit nous rappelle que le monde repose sur une harmonie fragile. Le yin et le yang ne s’affrontent pas : ils se complètent. L’ombre a besoin de la lumière, comme la terre a besoin du ciel.
Le mythe de Pangu propose ainsi une vision du monde où l’origine n’est pas une faute à corriger, mais un équilibre à préserver.
Pourquoi ce mythe se prête au théâtre d’ombres
Le mythe de Pangu est un récit très ancien, mais il parle avant tout par les formes et les gestes. C’est ce qui le rend particulièrement adapté au théâtre d’ombres.
Pangu est un personnage unique, immense, facile à reconnaître en silhouette. Son corps se tient droit, entre le ciel et la terre. Il n’a pas besoin de détails pour être compris : sa posture suffit à raconter son rôle.

Le récit repose sur de grands mouvements simples :
monter, descendre, séparer, tenir, transformer.
Ces gestes sont lisibles dans l’ombre, même sans paroles.
Le théâtre d’ombres joue naturellement avec le clair et l’obscur, comme le mythe joue avec le yin et le yang. La lumière devient le ciel, l’ombre devient la terre. Leur séparation se voit, se ressent, presque physiquement.
Ce mythe peut être raconté lentement, avec peu de mots, ou même dans le silence. Les silhouettes avancent, s’élèvent, s’écartent. Le spectateur comprend par le mouvement, par l’espace, par la respiration du récit.
Pour les enfants comme pour les adultes, le théâtre d’ombres permet d’entrer dans ce mythe autrement : en regardant, en ressentant, en laissant les images faire leur travail. Le récit de la création du monde devient alors une expérience calme, presque méditative.
Le lot de silhouettes « Pangu et la création du monde »
Pour accompagner ce mythe fondateur de la mythologie chinoise, j’ai créé un lot de silhouettes pour théâtre d’ombres inspiré de l’histoire de Pangu et de la création du monde.

Ce lot permet de raconter le mythe pas à pas, en suivant les grandes étapes du récit : le chaos originel, la naissance de Pangu, la séparation du ciel et de la terre, puis la transformation de son corps en paysage. Les silhouettes sont volontairement sobres, afin de laisser toute la place aux gestes, à la lumière et à l’imaginaire.
Le personnage de Pangu y occupe une place centrale. Sa posture verticale, entre ciel et terre, permet de visualiser son rôle de soutien et d’équilibre. Les éléments naturels — ciel, terre, soleil, lune, montagnes — viennent compléter le récit et offrent de nombreuses possibilités de mise en scène.
Ce lot peut être utilisé de différentes manières :
pour raconter le mythe tel qu’il est transmis,
pour l’adapter librement,
ou simplement pour laisser les enfants inventer leur propre histoire de création du monde.
Il s’adresse aussi bien aux familles qu’aux enseignants ou aux passionnés de mythologie, comme un outil de narration calme et sensible. Le théâtre d’ombres devient alors un moyen simple et poétique de faire vivre un récit ancien, en prenant le temps de regarder et d’écouter.
Transmettre les mythes autrement
Les mythes sont des récits très anciens, mais ils continuent de nous parler aujourd’hui. Ils racontent d’où vient le monde, comment il s’organise, et comment les êtres trouvent leur place. Pourtant, ces histoires sont parfois perçues comme lointaines ou difficiles à transmettre.
Le théâtre d’ombres offre une autre manière de les faire vivre.
Raconter un mythe par l’ombre et la lumière, c’est accepter de ne pas tout expliquer. Les formes se dessinent, disparaissent, reviennent. Chacun comprend à son rythme, selon son âge, sa sensibilité, son imaginaire.
Transmettre autrement, c’est aussi prendre le temps. Le temps de regarder une silhouette se déplacer. Le temps de laisser le silence exister entre deux gestes. Le mythe n’est plus seulement un texte à écouter, mais une expérience à ressentir.
Avec peu de mots et des images simples, le récit devient accessible à tous. Les enfants peuvent observer, manipuler, inventer. Les adultes redécouvrent le plaisir d’un récit lent, sans écrans, sans urgence.
Ainsi, le mythe de Pangu ne reste pas figé dans un livre. Il circule, il se transforme, il se transmet. Dans l’ombre projetée sur un mur, l’histoire de la création du monde continue de se raconter, encore et encore.
Quand l’ombre raconte la naissance du monde
Le mythe de Pangu nous ramène à un temps où le monde n’était pas encore séparé, où tout attendait de prendre forme. Par des gestes simples et patients, le géant donne de l’espace, de l’air, une structure au monde. Rien n’est créé dans la violence ou le jugement, mais dans l’équilibre et le temps long.
Raconter cette genèse aujourd’hui, c’est se souvenir que les mythes sont avant tout des récits à partager. Ils traversent les âges parce qu’ils parlent en images, en mouvements, en silences. Le théâtre d’ombres, avec sa lumière fragile et ses formes épurées, permet de renouer avec cette manière ancienne de raconter.
Dans l’ombre projetée sur un mur, le ciel et la terre se séparent à nouveau. Pangu se dresse, le monde respire, et l’histoire recommence. Chaque représentation devient une naissance, chaque regard une découverte.
Ainsi, le mythe continue de vivre, non pas figé dans le passé, mais transmis, transformé, réinventé, à la lumière d’une lampe et à hauteur d’enfant.


