kamishibaï théâtre papier japonais

Kamishibaï

Conter les histoires à l’aide de belles illustrations a toujours été un moyen efficace de capter l’esprit des enfants, mais la mise en scène du kamishibai rend la technique encore plus captivante. Un petit bijou de la culture japonaise.

Conter les histoires à l’aide de belles illustrations a toujours été un moyen efficace de capter l’esprit des enfants, mais la mise en scène du kamishibaï rend la technique encore plus captivante.

Journée découverte et approche du kamishibaï, en petit comité. Je n’avais pas encore eu l’occasion de manipuler ce format d’ « histoire sur papier« , il va falloir que je fabrique (je demanderai plutôt à super pépé roi du bricolage) et me procure tout ça pour faire rêver aussi les enfants (et pas que 😊).

Qu’est ce que KAMiSHIBAÏ?

Kami : papier (esprit en shintoï)
shibaï : théâtre

Le kamishibaï est une succession d’illustrations contenues dans un castelet (butaï), que l’on défile au rythme de l’histoire contée.

Il est donc composé de planches illustrées (entre 10 et 20 généralement) sur une face et sur l’autre se trouve le texte à lire. Il n y a pas de véritable standard de taille.
Chaque page est numérotée et mise dans l’ordre de façon à ce que le conteur puisse lire le texte pendant que de l’autre côté l’image est vue par les spectateurs.
Sur cette vidéo le castelet est simplifié. Le butaï est composé d’un cadre, de volets s’ouvrant de chaque coté et d’un ciel se relevant sur le haut.
Les planches sont regroupées dans le castelet pour être tirées une par une au fil de la narration.

Cela demande un peu d’entrainement pour fluidifier le mouvement. Mais quel rendu!


Au Japon, on se tient debout à côté du théâtre, le conteur anime réellement les illustrations. Les européens à leur sauce plus discrète, sont un peu dissimulés derrière le décor, mais cela fonctionne tout autant.

D’où vient cet art de rue?

Il apparait au Japon entre le VII ème et le VIII ème siècle (c’est vague, mais les sources différentes ne donnent pas les mêmes dates!). Ce sont les bouddhistes venus de Corée qui sont à l’origine de cette forme de narration.
VIII ème c’est l’Epoque de Nara, c’est aussi une période d’explosion d’Art dont la peinture. On voit se développer des emakimono (rouleaux peints) destinés dans un premier temps à représenter des sutrâ (qui pourrait être traduit par « livre »).
C’est le début de la peinture narrative au Japon. Il sert de support pour passer un message, de bonnes meurs de vie de société (d’être ensemble, d’être l’ensemble) aux populations les moins instruites et plutôt adultes.
Au XII ème siècle, vient s’ajouter un cadre en bois appelé butaï (scène). Les illustrations et calligraphies peuvent ainsi prendre davantage une position théâtrale……
Puis les siècles se passent, le kamishibaï n ‘a plus l air d’avoir le vent en poupe…

Regain dans les années 30


1929 Crise étant, salaire fallait il trouver.
Certains japonnais sans emploi se sont mis à installer ces butaï sur leur vélo, aller de village en village et de se poser dans un parc criant KAMiSHIBAÏ ! KAMiSHIBAÏ ! KAMiSHIBAÏ ! ou faisait tinter ses  Hyoshigi (baton). De là une tripotée d’enfants accouraient pour venir écouter le conte. L’histoire narrée s’arrêtait avant la fin. Pourquoi donc?
Ces conteurs (Gaito kamishibaiya) échangeaient des sucreries contre quelques pièces à qui voulait la suite!

Puis un beau jour du XX ème siècle ça bombarde à gogo.
Durant la seconde guerre mondiale, le gouvernement a vu le théâtre d’images comme l’un des meilleurs moyens de diffuser des messages de propagande, encourageant les habitants à protéger leur nation en leur apprenant à construire des abris antiaériens ou encore à éteindre un incendie après une attaque. Mais à la fin de la guerre apparait le kamishibai démocratique, aspirant à transmettre des messages de liberté et de tolérance.

Aïeul du manga le kamishibaï?

Kenny Lauderdale décompose toute l’histoire de l’anime de Golden Bat alias Ogon Bat

C’est aussi peut-être grâce à l’apparition d’ un super héros Ôgon Bat créé par Takeo Nagamatsu en 1930, dont le dessin est proche du manga, qui popularise la technique. Le premier super héros médiatisé! Plusieurs grands mangakas ont débuté par le kamishibaï.

 

En 1930, Nagamatsu n’a que 18 ans lorsqu’il créé ce personnage aux allures sinistres de squelette doré.
Vêtu d’une cape en rouge et noir et armé d’un sceptre, Ôgon Bat est le défenseur de la justice venu d’Atlantis pour se battre contre le syndicat du crime mené d’une poigne de fer par le Dr. Erich Nazô. Le justicier apparaît d’abord sous la forme d’une chauve-souris, puis il prend la forme d’un squelette au rire absolument démoniaque.
Ôgon Bat devient rapidement extrêmement populaire auprès des jeunes garçons, avec près d’une histoire par jour racontées entre 1931 et 1933.

Si vous voulez en savoir plus: Manga Kamishibai Du théâtre de papier à la BD japonaise c’est un très beau livre qui analyse l’influence du kamishibaï sur la culture populaire contemporaine, des jeux vidéo aux mangas. Ecrit par Eric P. Nash.

Et aujourd’hui, où en est le kamishibaï?

Les enfants circulent moins, les rues sont moins sûres à cause du développement de l’automobile.
Un autre élément mondialement diffusé qui à malheureusement mis au placard ces arts de rue, n est autre que la sainte et sacrée télévision! On appelait les télévisions denki kamishibai, soit « kamishibaï électronique » dans les années 60.
Les japonais ont mis cet art de côté le laissant plutôt comme support ludique dans les écoles.
Pourtant exporté dans certains pays d’Europe comme la France dans les années 70. Et ça fonctionne doucement, c’est bien dommage.. C’est pourtant un outil idéal pour l’apprentissage des langues, il favorise également l’apprentissage de la lecture. Quelques maisons d’éditions ont choppé le créneau.

De nos jours, conteur kamishibaiya

Où se déniche t’il ?

Voici une liste d’éditeurs de Kamishibaï elle sera à compléter.

  • Callicéphale : axé plutôt contes
  • Lirabelle : fictions et auteurs étrangers avec des kamishibaï en différentes langues (Anglais, allemand, espagnol)
  • Grandir : plutôt éducatif, nous fait découvrir les différents peuples du monde via de jolis textes et illustrations
  • Ane bâté : vous pourrez y trouver des contes en patois
  • La nacelle
  • Dôshinsha
  • Hatier
  • Bodoni

La librairie Junku (librairie japonaise) à Paris a une sélection de Butaï traditionnel.

Le vélo de Valentine Album d’Anne Brouillard sur une chanson de Christian Ferrari interprété par les agents de la médiathèque Violette Leduc.

Suivant l’ interprète cette comptine amuse volontiers un public adulte.

Bonus

Un tuto pour se faire un butaï en carton

tuto butaï en carton

Représentation contes musicaux en français

Allez, une dernière trouvaille pour vous faire encore une idée de ce qu il est possible de construire autour du kamishibaï.

Contes japonais mis en scène et en musique par OKALAZA : Momotaro, Amba sama, Jinroku et Renard

sources

kenny lauderdale BDS médiathèque Violette Leduc Zikzak grup bibliothèque municipale de Lyon Daily Geek Wikipedia nautilijon.com Okala za encyclopedia.com éditions Delamartinière

Autre support pour une lecture animée, le tapis narratif, cliquez ici pour lire l’article

Et vous cela vous tenterait il d’assister à une représentation?

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